DOSSIER PÉDAGOGIQUE VOYAGE EN ITALIE 2016

Le dossier pédagogique du voyage en Italie 2016 est disponible en version microsoft Word dans l'espace ressources de ce site :

 

RESSOURCES

 

 

PROGRAMME DES VISITES

 

 

 

 

 

SAMEDI  23 AVRIL : Lucques (Toscane)

 

 

DIMANCHE 24 AVRIL : Capoue et Caserte (Campanie)

 

 

LUNDI 25 AVRIL : Musée Archéologique Catacombes, Castel dell’Ovo

 

 

MARDI 26 AVRIL : Herculanum, Vésuve, Villa d’Oplontis

 

 

MERCREDI 27 AVRIL : Pompéi

 

 

JEUDI 28 AVRIL : Tivoli, Monts Albains (Latium)

 

 

VENDREDI 29 AVRIL : Rome 

 

 

 

 

LUCQUES

 

HISTOIRE

 

  • Luca, située à 20 km de la mer en Toscane, est une ville antique d’origine ligure comme le montre la racine *luk signifiant marécage en langue ligure. L’étymologie fait donc remonter cette implantation au début du premier millénaire av. J.C., les Ligures restant un peuple à l’origine encore mystérieuse, peut-être celtique, peut-être antérieure à l’arrivée des Celtes, ce qui les situerait à une époque contemporaine de la civilisation des mégalithes (dolmens et menhirs).

 

  • Les Étrusques se rendent maîtres de la ville vers le VIème siècle av. J.C., puis les Romains en font une colonie en 180 av. J.C. en lui donnant un plan géométrique « à la romaine ». De plus, les constructions habituelles aux villes romaines sont construites, comme un forum, un amphithéâtre, des thermes.

 

  • Après la chute de l’Empire Romain d’Occident, Lucques passe sous la domination des Goths, puis des Byzantins, puis des Lombards.

 

  • La ville tire sa prospérité du commerce de la soie (élevage des vers à soie et fabrication des étoffes de soie), des activités bancaires et devient capitale de la Toscane au XIème siècle.

 

  • De la fin du XIIème jusqu’à l’extrême fin du XVIIIème siècle (1799), elle reste indépendante malgré les rivalités avec les autres républiques italiennes.

 

  • C’est Napoléon Ier qui en fait une principauté pour sa sœur Élisa Bonaparte.

 

  • En 1815, à la chute de Napoléon, la République de Lucques devient un duché indépendant puis rattaché en 1847 à la Toscane jusqu’à création de l’État italien.

 

 

À VOIR

 

La place de l’amphithéâtre

La cathédrale (Duomo)

La promenade sur les remparts

 

 

 

 

CAPOUE

 

 

 

 

SITUATION

 

En Campanie, Capoue est le terminus de l’antique Via Latina qui menait de Rome au sud de l’Italie, sur un bras du fleuve Volturno.

 

MYTHOLOGIE

 

Capoue tire son nom de Capys, grand-père d’Énée, celui-ci venu de Troie au moment de sa destruction. Énée, remarié à son arrivée en Italie avec une princesse latine, Lavinia, pour avoir le droit de s’installer dans le Latium, a d’elle un fils du nom de Rhodomos. Celui-ci part dans le sud de l’Italie pour fonder une ville qu’il nomme Capua en l’honneur de son arrière-grand-père.

 

HISTOIRE

 

Fondée par les Étrusques au VIème siècle av. J.C. sous le nom de Vulturnum, la ville est prise par les Samnites, peuple indépendant du centre sud de l’Italie en 454 av. J.C., puis en 215 av. J.C. par le Carthaginois Hannibal  et définitivement par les Romains en 211 av. J.C. lors de la deuxième guerre contre Carthage. La ville prend alors le nom de Casilinum.

 

L’origine étrusque de Capoue explique la culture des combats de gladiateurs dans cette région d’Italie, bien avant que Rome ne s’y intéresse. Il s’agit au départ d’un rituel funéraire en vigueur au sein des plus riches familles étrusques : pour honorer le défunt, deux hommes de la famille (la familia au sens large, donc sans doute des esclaves) se battent en duel jusqu’à la mort de l’un, tout au moins la victoire du plus fort. Loin d’être une recherche de la mort sanglante, c’est au contraire une célébration de la vie car ce duel est censé représenter le combat primordial de Zeus contre son père Cronos qui avalait ses enfants l’un après l’autre : la victoire du gladiateur symbolise la victoire de la vie sur la mort.

 

Les combats donnent lieu à une intense compétition entre les cités étrusques de Campanie qui présentent leur champion respectif et tirent une grande renommée de ses victoires. Les lieux du spectacle sont d’abord de simples structures en bois autour d’une piste sablée, l’arène (arena = le sable en latin). Il faut attendre le Ier siècle av. J.C. pour qu’un amphithéâtre en dur soit construit pour la première fois dans l’Empire romain, à Rome.

 

 

SPARTACUS

 

QUI EST SPARTACUS ?

 

Au Ier siècle av. J.C., Lentulus Batiatus est le fils du propriétaire (le laniste) très connu d’une école de gladiateurs (un ludus) de Capoue. Il achète un jour un esclave qu’il destine à son école, un certain Spartacus, pour augmenter les succès de son école avec ses propres champions, le Gaulois géant Crixus et Œnomaeus, sans doute gaulois lui aussi..

 

On sait très peu de choses sur Spartacus, dont le vrai nom est sans doute perdu, Spartacus ressemblant plus à un pseudonyme de « scène » donnant une indication sur sa naissance. Mais les historiens sont parvenus à reconstituer son épopée dans les grandes lignes.

 

Né sans doute vers 100 av. J.C., il est d’origine thrace, peuple des Balkans. Or l’on connaît une lignée thrace  de rois dont le nom était Spardocos  ou Spartakos, de la tribu des Maides, connue pour avoir été sous la domination romaine.

 

L’écrivain Plutarque au IIème siècle ap. J.C. dit de lui qu’il avait « une grande force de corps et d’âme, une douceur et une intelligence supérieures à son origine », ce qui l’apparente plutôt aux Grecs qu’aux Barbares. Il a pu avoir une éducation proche de celle d’un Grec.

 

Appartenant à un peuple tributaire (qui doit un tribut à Rome), Spartacus sert dans l’armée romaine, vraisemblablement dans la cavalerie auxiliaire, sans doute vers 85 av. J.C., sous le commandement du dictateur romain Sylla, en Grèce contre les Parthes (les Perses). C’est probablement cette expérience qui lui donne une bonne connaissance de l’organisation et de la discipline de l’armée romaine.

 

On pense qu’il déserte pour s’opposer aux Romains avec des rebelles, qu’il est fait prisonnier et est amené à Rome pour être vendu comme esclave. Plutarque le fait venir à Rome comme prisonnier accompagné de sa femme qui serait une prêtresse « devineresse et sujette aux transports inspirés par Dionysos ». Elle semble notamment avoir été connue pour son talent d’interprétation des rêves, ce qui lui donne un grand ascendant sur les compagnons de Spartacus. Le statut important de cette épouse laisse penser qu’il est un homme issu de la noblesse thrace, car elle n’aurait pas épousé un homme du commun.

 

Acheté par le riche et ambitieux laniste Batiatus, et amené à Capoue dans son ludus, Spartacus a sans doute, en fonction de son origine, le rôle d’un thrace, type de gladiateur combattant avec une dague courbe à double tranchant, un bouclier carré, un casque, des jambières montant jusqu’aux cuisses.

On ignore s’il a combattu dans l’arène de Capoue avant de se révolter en 73 av. J.C.   

 

LA RÉVOLTE

Durant l’été 73 av. J.C., 300 gladiateurs esclaves du ludus de Batiatus préparent une révolte pour recouvrer leur liberté, mais ils sont dénoncés. Avec les Gaulois Crixus et Œnomaeus, Spartacus s’évade à la tête d’environ 75 autres gladiateurs, sans armes ni vivres.

 

LES ÉTAPES

 

  • Après avoir rencontré et pris un convoi de nourriture et d’armes destinées à un autre ludus,  sur la route de Capoue, et avoir été rejoint par des groupes d’hommes (petits paysans propriétaires terriens, ouvriers agricoles, esclaves), le groupe se réfugie vers Naples sur les pentes du Vésuve alors couvertes de forêts. Il faut faire des razzias sur les exploitations agricoles de Campanie pour survivre, et Rome ne tarde pas à réagir, sans mesurer encore l’ampleur du phénomène, car chaque expédition se solde par l’obtention de nouvelles armes par les insurgés. De plus, les chefs rompus à la gladiature sont de parfaits entraîneurs pour les nouveaux combattants.

 

  • Rome envoie 5 cohortes de soldats auxiliaires, soit 3000 hommes sous les ordres du prêteur Claudius Glaber (une légion romaine complète en compte 6000). Spartacus en vient facilement à bout en contournant les troupes romaines par la partie la plus escarpée du Vésuve qui s’élève à cette époque encore à 2000m d’altitude environ.

 

  • Les insurgés passent l’hiver –73 sur le Vésuve en multipliant les pillages et en se formant au combat sous les ordres de leurs chefs gladiateurs qui ont cependant du mal à discipliner leur armée.

 

  • Rome envoie au printemps 2 légions menées par 2 nouveaux prêteurs, mais l’armée de Spartacus a pris maintenant des proportions imprévues par les Romains : on estime que son effectif s’élève à 70 000 hommes en -72. Les légions romaines sont défaites sans difficulté.

 

  • Les désaccords possibles entre les chefs gladiateurs poussent Crixus à quitter le gros des esclaves avec 30 000 hommes pour se diriger en Apulie (les Pouilles actuelles, sur le talon de la botte italienne), tandis que Spartacus monte vers le nord. À ce moment, Rome a envoyé 4 légions sous le commandement des 2 consuls de l’année, Gellius et Lentulus. Crixus est vaincu par Gellius tandis que Spartacus bat facilement Lentulus. Il redescend ensuite au sud pour vaincre Gellius, fait des funérailles solennelles à Crixus et oblige 300 soldats romains à se battre à mort comme des gladiateurs (humiliation suprême) dans une arène en bois improvisée.

 

  • L’idée de Spartacus semble être de lever une insurrection contre Rome des cités du centre et du nord de l’Italie. Il remonte jusqu’à la plaine du Pô où il défait facilement les troupes du proconsul en Gaule Cisalpine Cassius. Mais l’entreprise de soulèvement des villes ne fonctionne pas car elles ont obtenu le droit de cité romain et les esclaves travaillent dans de meilleures conditions qu’en Campanie.
  • Fin 72 av. J.C., Spartacus bat les 2 armées réunies des consuls Lentulus et Gellius puis descend au sud de l’Italie avec l’intention de passer en Sicile puis, de là, de retourner en Thrace. Son armée compte maintenant environ 120 000 hommes.

 

  • Pendant l’hiver, Rome décide de frapper un grand coup : elle réunit une nouvelle armée de 10 légions, donc 60 000 hommes. Celui qui en prend le commandement est Marcus Licinius Crassus, l’homme le plus riche de l’Empire romain, prêteur dont la fortune est due à d’immenses propriétés foncières du sud de l’Italie, et à la possession d’innombrables esclaves qu’il loue à d’autres. Il a donc de bonnes raisons de se sentir concerné par la guerre servile de Spartacus et il paie sur ses fonds personnels 6 des 10 légions qu’il commande. Il engage les opérations dès octobre mais sans affronter directement Spartacus, l’empêchant de se ravitailler pendant l’hiver.

 

  • Spartacus négocie avec des pirates ciliciens son passage en Sicile, mais ceux-ci le trahissent. Il est piégé au fond du talon de la botte italienne par Crassus qui a creusé un fossé fortifié d’un remblai, avec palissade infranchissable, de 55 km d’est en ouest, pour le bloquer.

 

  • Par une nuit de neige, Spartacus parvient à combler en partie le fossé et à faire passer un tiers de ses hommes puis remonte vers la Lucanie, dans la région montagneuse du centre de la botte, à hauteur de Naples.

 

  • Découragé et craignant d’être pris à revers par les rebelles encore contenus, Crassus lève le siège et fait appel à Pompée qui rentre de sa guerre contre les Parthes. En -71, la dernière bataille s’engage au sud de Naples vers Paestum : Crassus vainc 60 000 esclaves, Pompée 5000, et Spartacus meurt durant l’affrontement sans qu’on puisse identifier son corps qui n’a pas été retrouvé.

 

  • Crassus fait crucifier les 6000 esclaves survivants le long de la Via Appia pour faire un exemple, la croix étant le supplice réservé aux esclaves, aux voleurs, aux criminels. Après ce soulèvement, il n’y a plus de révoltes d’esclaves jusqu’à la chute de l’Empire Romain.

 

  • Crassus et Pompée sont élus consuls l’année suivante.

 

  • Spartacus est devenu le symbole de la résistance à l’oppression, et a donné son nom au mouvement allemand des Spartakistes, d’extrême gauche marxiste révolutionnaire, durant la Ière Guerre Mondiale et 1918-1919.

 

  • La littérature, le cinéma et la télévision se sont emparés du personnage au fil des décennies du XXème siècle. L’acteur américain Kirk Douglas décide de produire un film et engage successivement 3 réalisateurs qui ne font pas l’affaire avant de s’adresser au grand Stanley Kubrick qui prend en charge le tournage. De nombreux films de série B mettent en scène le héros dans les années soixante jusqu’à ce que les péplums connaissent un total désamour du public. Le succès du Gladiator de Ridley Scott relance le genre en 2000, et en 2004, la BBC anglaise réalise sur Spartacus une série de trois saisons qui connaît un grand succès. Le théâtre et la comédie musicale trouvent aussi en Spartacus un personnage flamboyant, digne d’intérêt.

 

CONCLUSION

 

Si les auteurs latins ont dévalorisé le chef de la 3ème guerre servile de l’histoire romaine, c’est sans doute en proportion du danger qu’il a fait courir à la structure économique et sociale de l’époque. Les écrivains romains sont forcément représentatifs de la pensée de leur temps et appartenant à une classe sociale élevée dont la fortune repose sur l’esclavage. Comment pourraient-ils comprendre le désir de liberté d’un gladiateur méprisable ?

Il faut savoir qu’aucun auteur latin n’a remis en question l’esclavage jusqu’à l’avènement du christianisme. Spartacus est donc l’homme à abattre coûte que coûte, si l’on ne veut pas qu’il serve de modèle à d’autres.  

Cependant, les historiens modernes lui accordent aujourd’hui une riche personnalité, des dons de stratège et une culture assez étendue pour être un homme aimé des faibles, en général juste avec ses ennemis et animé d’une haute idée de la liberté.     

 

 

 

CASERTE

 

 

SITUATION

 

Située en Campanie au nord de Naples, c’est une petite ville surtout connue pour son principal monument, la Reggia, c’est-à-dire le Palais Royal de Caserte.

 

HISTOIRE

 

La ville semble avoir pris son essor au Moyen-Âge, à l’époque romane. Prise par les Normands en 1057, elle devient le siège d’un évêché.

 

Au XIIème siècle, elle est intégrée au royaume de Sicile.

 

Quand les Bourbons espagnols se rendent maîtres de la région, elle prospère et devient le cadre d’une magnifique construction : celle du Palais royal de Charles III de Bourbon, inspiré du château de Versailles et achevé en 1780.

 

Au XIXème siècle, elle devient chef-lieu de la province de Terre de Labour, et se développe rapidement.

 

LE PALAIS ROYAL

 

L’édifice est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco depuis 1997, tant par ses réalisations intérieures que par son parc architecturé. C’est la plus grande résidence royale du monde.

 

  • Surface du bâtiment : 47.000 m2
  • Volume : 2 millions de m3
  • Longueur : 247 m
  • Largeur : 184 m
  • Hauteur de façade : 36 m
  • 143 fenêtres
  • 1200 pièces
  • 34 escaliers
  • 4 cours
  • Surface du parc : 120 ha
  • 1 Grande Cascade
  • 2 jardins, le Jardin Royal ou Italien et le Jardin Anglais
  • 4 fontaines : des Trois Dauphins, d’Éole, de Cérès, de Vénus et Adonis, de Diane et Actéon

 

Le style est le baroque italien c’est-à-dire un style foisonnant, fait de formes en mouvement, avec des draperies abondantes ciselées dans la pierre ou figurées en peinture, des nuages bourgeonnant, une végétation envahissante.

 

 

 

 

HERCULANUM ET POMPÉI

 

 

 

 

HISTOIRE

 

Situées respectivement à 11 et 30 km de Naples, au pied du Vésuve et au bord de la mer, Herculanum et Pompéi sont fondées au VIIIème siècle av. J.C. par les Grecs de Cumes; Herculanum doit son nom au patronage d’Héraclès. Le destin des deux cités varie au fil des siècles:

 

  • Au VIème siècle, les Etrusques élargissent leur territoire vers le sud en prenant le contrôle de Capoue et ils s’emparent d’Herculanum et de Pompéi.

 

  • Au Vème siècle, Pompéi redevient grecque pour quelques décennies puis les montagnards samnites s’y installent.

 

  • Au IIème siècle, durant les guerres contre Carthage et contre le roi d’Épire Pyrrhus, les deux villes viennent dans l’alliance romaine et font preuve de fidélité;

 

  • Au Ier siècle cependant, le droit de citoyenneté leur est refusé et elles se révoltent contre Rome au cours de la guerre sociale (guerre des alliés, les socii ) en 90 av. J.C.; elles connaissent la défaite et sont colonisées par des vétérans romains démobilisés.

 

  • En 80, Pompéi obtient le statut intéressant de colonie romaine ( avec distribution de terres et exemption d’impôts).

 

  • En 30, Herculanum devient un municipe (avec exemption d’impôts).

 

  • Sous le principat d’Auguste, les deux cités connaissent un essor remarquable et bénéficient de l’évergétisme, (la bienfaisance des riches citoyens pour leur cité), par la construction de nombre de bâtiments publics qui les embellissent  et rendent la vie plus facile ou agréable, comme des temples, des basiliques, des sanctuaires, des fontaines, des théâtres, des thermes.

 

  • Au Ier siècle ap. J.C., Herculanum est une petite ville tranquille de 3 à 5 000 habitants tandis que Pompéi, beaucoup plus grande que sa voisine, compte de 15 à 20 000 habitants: toutes les deux bénéficient de la douceur de vivre de la région, comparable à la Côte d’Azur en France. Ce sont deux villes commerçantes dont la population se compose d’une classe aisée qu’on pourrait qualifier de bourgeoise, avec notamment de riches affranchis (la noblesse est installée plutôt à Baïes, de l’autre côté de Naples). La région s’est enrichie grâce à la culture de vigne et de fruits qui prospèrent sur une terre volcanique fertile, sans que l’on sache que le Vésuve est un volcan.

 

  • En 62, un important tremblement de terre provoque de nombreux dégâts dans les deux cités qui mettent plusieurs années à réparer les monuments et les bâtiments.

 

  • En 79, c’est l’éruption du Vésuve, la ruine totale et l’ensevelissement sous 15 à 20 m de cendre volcanique; l’empereur Titus envoie une mission de secours qui ne peut guère agir contre une telle catastrophe; les habitants, qui se sont enfuis dans leur grande majorité, s’installent à Naples et dans les villes non touchées par l’éruption; c’est bientôt l’oubli, qui va durer 13 siècles avant que l’on ne redécouvre par hasard l’emplacement de chaque site.

 

L’ÉRUPTION DU VÉSUVE

 

En septembre ou octobre 79 ap. J.C. des signes avant-coureurs mettent en alerte les habitants de la région du Vésuve, montagne en forme de pain de sucre de 1800 m d’altitude.  Pendant  quelques jours, de nombreuses secousses sismiques leur rappellent le tremblement de terre qui a eu lieu 17 ans plus tôt mais elles sont de faible importance et n’interrompent pas l’activité intense qui règne à Pompéi et à Herculanum. On se dit que cela va passer, et surtout, les vendanges sont déjà engagées: le travail n’attend pas. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, on ne sait pas que le Vésuve est un volcan car sa dernière éruption remonte à 1600 av. J.C. et personne n’en a connaissance.

 

Les phases:

 

  • Le déclenchement: en fin de journée (J.1), seuls les habitants des villas situées sur les pentes du volcan s’aperçoivent d’un phénomène: une première explosion a eu lieu et un nuage de cendre légère s’élève au-dessus de la montagne mais le bruit est attribué à un orage, d’autant plus que l’on voit un nuage noir.

 

  • L’éruption à proprement parler se déclenche brutalement le lendemain vers midi (J.3): le  tiers supérieur du Vésuve explose et le volcan envoie à presque 20 km d’altitude une impressionnante colonne de cendre, de gaz et de lapilli (petits morceaux de pierre ponce).

 

  • Dans l’après-midi, le nuage s’étend à l’horizontale, formant un énorme champignon qui peu à peu cache le soleil puis produit une obscurité totale sur tout le golfe de Naples; c’est le moment où les premières cendres et les lapilli commencent à retomber à la verticale, ne provoquant pas de gros dégâts, si ce n’est l’effondrement de certains toits et des incendies; cependant, les habitants des deux villes, affolés par ce phénomène qu’ils ne comprennent pas, se décident à partir, alors que la terre tremble, le tout dans une atmosphère de fin du monde: c’est la phase plinienne, du nom de Pline-le-Jeune, témoin direct, qui l’a décrite.

 

  • Le matin du jour suivant (J.3), après 18 heures d’une éruption continue qui a accumulé une grosse épaisseur de cendre et de lapilli, l’activité éruptive s’intensifie brusquement avec de très forts  tremblements de terre qui soulèvent les fonds marins, modifient le rivage et produisent des tsunamis; c’est le moment où la matière retombe depuis le haut du jet volcanique, le long du volcan, en avalanches, les nuées ardentes ou coulées pyroclastiques ; la volcanologie actuelle a montré par l’analyse des couches géologiques qu’il y a eu 6 nuées ardentes, que Pompéi a été détruite et ensevelie par la 4ème, la plus forte, qui l’a atteinte de plein fouet, tandis qu’Herculanum, plus proche du volcan, les a toutes subies; les nuées se déplaçant à la façon d’une avalanche, elles poussent l’air devant elles à grande vitesse (300 km/h), et le souffle détruit tout ce qu’il rencontre (toitures, fontaines) avant que la nuée ardente envahisse l’espace; la température élevée, de plus de 400 degrés, carbonise instantanément les matières organiques, notamment le bois et les êtres vivants.

 

  • Herculanum disparaît sous 20 m de dépôts volcaniques particulièrement denses, car sans doute rendus visqueux par l’éclatement des nappes d’eau souterraines.

 

  • Pompéi, un peu plus éloignée, reçoit 7 m de cendre volcanique et de lapilli; tout autour de la zone touchée, les volcanologues ont étudié des couches de dépôts «chaotiques» composés de cendre, de blocs de taille diverse, de débris de toits et de maisons, de restes humains  arrachés indiquant la violence des nuées ardentes. Certaines personnes étant restées à Pompéi jusqu’au bout ont été littéralement démembrées par le souffle.

 

LA REDÉCOUVERTE

 

  • Au hasard du creusement d’un puits dans la ville de Résina, on tombe en 1709 sur le théâtre d’Herculanum; cette première action ne prend pas la forme d’une véritable fouille archéologique car le propriétaire du site s’empresse de prélever pour son compte les décorations et les statues sur lesquelles il est tombé; la roche dure ne se laisse pas creuser facilement et il faut faire des galeries souterraines très profondes pour avancer laborieusement dans les vestiges du théâtre; à cette époque, on ne fait pas encore le lien avec la ville ensevelie d’Herculanum dont on n’a plus la trace, même dans les textes antiques lus alors; au bout de quelques années, les fouilles s’interrompent et ne reprennent qu’au milieu du siècle, un peu plus sérieusement, mais toujours pour en tirer les trésors.

 

  • En 1748, l’ingénieur espagnol Alcubierre, engagé par Charles III de Bourbon, reprend les fouilles à Herculanum, mais devant la difficulté, les abandonne pour un site plus facile à creuser, dans la petite ville de Torre d’Annunziata, au sud du Vésuve, qu’il pense être le site de Stabia, ville également ensevelie sous les cendres. On fouille de manière aléatoire, toujours à la recherche des oeuvres d’art, en détruisant ce qui semble inintéressant et en rebouchant grossièrement les endroits déjà excavés. Puis les fouilles s’arrêtent de nouveau.

 

  • En 1763, Pompéi oubliée est identifiée définitivement par la découverte d’une inscription et dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, une méthode plus rationnelle commence à se pratiquer: on laisse des fresques sur place, on reconstitue la partie supérieure des maisons, afin que les visiteurs de plus en plus nombreux à faire le Grand Tour en Orient (souvent les jeunes Romantiques) aient une impression saisissante de vie.

 

  • Sous l’Empire de Napoléon Ier, le royaume de Naples est attribué au prince Murat dont l’épouse est Caroline Bonaparte, soeur de l’empereur; le couple se passionne pour les fouilles de Pompéi et les oeuvres d’art exhumées; une esthétique néo-classique imprègne désormais la mode occidentale en matière de mobilier, d’architecture, de mode vestimentaire: le style Empire.

 

  • La chute de l’Empire marque un nouvel arrêt des fouilles qui ne reprennent sérieusement que vers 1860; c’est à cette époque que l’on a l’idée d’injecter du plâtre liquide dans les espaces creux formés par la présence de corps humains: la cendre brûlante s’est collée au corps en une croûte durcie qui fait moule, les matières organiques ayant disparu en laissant les os du squelette: on obtient ainsi des moulages aux postures saisissantes, fixées au moment même de la mort; on a retrouvé 1150 personnes restées à Pompéi et seulement une dizaine à Herculanum, jusqu’à ce qu’on dégage un hangar de bord de mer où 240 squelettes enchevêtrés montrent les traces d’une carbonisation instantanée; c’est donc environ 10% de la population des deux cités qui est restée pendant l’éruption du Vésuve pour des raisons diverses qui ont pu être découvertes, comme le fait de monter la garde auprès de ses richesses, le fait pour des femmes enceintes ou d’autres, obèses, de ne pouvoir se déplacer; les gens d’Herculanum ont tenté, quant à eux, de prendre la mer mais ont visiblement été obligés d’attendre le jour en raison d’une mer démontée par les secousses et le gonflement de la côte;  leur position montre qu’ils ont été surpris dans leur sommeil.

 

  • C’est au XXème siècle que l’archéologie moderne prend tout son essor: Pompéi est dégagée aux trois quarts, tandis que Herculanum, surmontée d’immeubles, n’a pu être fouillée que sur un quart.

 

AUJOURDHUI

 

Le Vésuve est le volcan le plus surveillé au monde dans la mesure où il est à proximité immédiate d’un pôle urbain extrêmement dense: l’agglomération du golfe de Naples compte en effet 4,5 millions d’habitants.

Les études montrent qu’après plusieurs éruptions de lave entre le XVIIème et le XXème siècle,  il faut s’attendre à une éruption plinienne, c’est-à-dire explosive comme en 79, dans la mesure où un bouchon a été détecté dans la cheminée du volcan.

Par ailleurs, on sait maintenant que la Solfatara, les champs Phlégréens dans leur ensemble, l’île d’Ischia et le Vésuve partagent une gigantesque chambre magmatique (un réservoir à magma) qui s’étend sous la terre et sous la mer de presque tout le golfe de Naples.

Un plan d’urgence est prêt à fonctionner et régulièrement des exercices d’entraînement ont lieu à échelle réduite pour préparer les Napolitains à une évacuation en cas de signaux d’alerte.

La dernière éruption effusive (lave) remonte à 1944. On estime que le volcan peut entrer en activité en moyenne tous les soixante ans.

 

 

 

 

 

 

 

TIVOLI

 

 

Tivoli est une petite ville située à 25 km à l’est de Rome, dont le nom antique est Tibur, sur la Via Tiburtina toujours existante de nos jours. Bâtie sur une dénivellation de 400m environ, elle présente une partie basse et un plateau supérieur qui domine la plaine menant jusqu’à Rome.

 

 

HISTOIRE

 

La mythologie donne à la ville Tiburtus comme fondateur, petit-fils du devin grec Amphiaraos, et certains éléments archéologiques permettent de dater cette fondation de 1215 av. J.C., sans doute comme colonie d’Albe la Longue, ville du fils d’Énée Julus.

 

La prise de Tibur par les Romains en 338 av. J.C. lui donne une  organisation de ville romaine avec notamment des temples importants, de Vesta et de la Sibylle. Celle-ci est plutôt une prophétesse comparable à la Pythie de Delphes, implantée à Tibur en raison de la situation particulière de la ville, sur les chutes de la rivière Aniene : les bruits d’eau, les grottes habitées par des échos et les  fumées des sources thermales sont en effet considérés comme des émanations divines à interpréter.

 

En 90 av. J.C., la ville obtient le droit de cité romain (ses habitants deviennent citoyens romains) et de riches personnages comme Mécène, le poète Horace, l’empereur Auguste, le général Varus, se font construire de splendides villas patriciennes.

 

C’est au IIème siècle ap. J.C. que la petite cité prend tout son essor avec la construction par l’empereur Hadrien de sa « ville privée », la Villa Hadriana, au pied de Tibur, dans la plaine. Les travaux durent de 118 à 134, et dans un premier temps, Hadrien y établit sa résidence estivale. Despote adepte d’un pouvoir centralisé, il organise 5 grandes tournées d’inspection dans l’Empire dont il rapporte de grandes visions qu’il imprime à l’architecture de sa villa, comme le Canope, canal égyptien qu’il tente de reproduire à Tibur.

 

Profondément déprimé par la noyade dans le Nil de son jeune amant Antinoüs, le plus bel homme de l’Empire, il le déifie et se retire définitivement à la Villa Hadriana  à partir de 134 av. J.C.

 

À la Renaissance, Tivoli voit la construction de la Villa d’Este accrochée à la pente et célèbre pour ses jardins aux 500 fontaines. Les travaux ont lieu de 1550 à 1572, à l’initiative du cardinal Hippolyte d’Este.

S’inspirant de la Villa Hadriana dont il pille abondamment le marbre pour les bâtiments et les  éléments  du jardin, il reprend les techniques romaines d’acheminement de l’eau pour faire fonctionner les fontaines juste par le dénivelé. Il crée un splendide jardin à l’italienne qui devient le modèle de nombreux jardins royaux dans toute l’Europe. 

 

 

 

 

MONTS ALBAINS

 

 

 

SITUATION

 

Les Monts Albains forment un ensemble géographique de collines volcaniques du Latium,  à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Rome, anciennement peuplés par les Latins.

 

Ces collines, qui peuvent culminer jusqu’à 956 m d’altitude, sont les restes d’un stratovolcan effondré. Ce type de volcan constitué de plusieurs cheminées a la particularité d’avoir une lave pâteuse qui s’écoule difficilement en formant un cône au moment de l’éruption, et c’est ce qui explique les pitons multiples qui forment le paysage des Monts Albains, ainsi que la caldeira du lac Albain.

 

 

HISTOIRE

 

Les Monts Albains tirent leur nom d’Alba Longa, Albe la Longue, ville fondée par Julus le fils d’Énée trente ans après l’arrivée de celui-ci dans le Latium, ce qui place ces événements vers 1200 av. J.C., à l’époque encore légendaire de la guerre de Troie.

 

Il faut 13 générations pour que naissent les descendants (présumés) de Julus, Romulus et Rémus qui vont fonder Rome en 753 av. J.C.

 

Sans doute sous influence étrusque, la nouvelle ville se développe rapidement, jusqu’au règne du 3ème roi, le Latin Tullus Hostilius, de 672 à 640 av. J.C., mais Rome est en concurrence avec les villes voisines et Albe en particulier.

Après une guerre qui ne parvient pas à être décisive, le roi décide de confier le sort des deux peuples à deux familles qui se chargent de l’issue de l’affrontement : la gens Horatia chez les Romains, la gens Curiaca chez les Albains, soit les Horaces et les Curiaces que Corneille a représentés dans sa tragédie Horace.

Les Romains sont vainqueurs et Albe va être vite absorbée dans l’Empire romain, tout en étant considérée comme la ville d’origine des Romains.

 

En 398 av. J.C., une catastrophe se produit au lac Albain : le niveau de l’eau augmente brutalement sans signe avant-coureur et l’eau déborde inondant tout jusqu’à la mer. On est en plein été, par temps sec et personne ne comprend ce qui s’est passé. L’oracle de Delphes consulté par les Romains ordonne de construire un tunnel d’évacuation jusqu’à la mer à travers la paroi du cratère.

Le tunnel est construit et reste en fonction jusqu’en 1980, le niveau de l’eau ayant baissé depuis par la consommation importante de la région.

On peut maintenant expliquer le phénomène, à cette époque attribué à la colère des dieux.

En fait, le lac, alimenté par des sources souterraines et les pluies, a connu une libération de fluides chauds riches en CO2, par des microfissures créées par l’activité sismique de la région,  qui a fait monter l’eau brutalement.

 

Par ailleurs, le lac Albain est un lieu religieux puisqu’on y honore Jupiter Latiaris (Jupiter protecteur du Latium) dans un temple prestigieux. Les consuls romains viennent y accomplir des sacrifices au nom des 30 villes de la confédération latine et certains généraux qui n’ont pu obtenir le triomphe officiel à Rome après une victoire peuvent triompher à Albe.

 

La ville d’Albe disparaît peu à peu, mais son emplacement est connu par les auteurs latins pour être celui sur lequel l’empereur Domitien construit sa villa d’été durant son règne qui prend place entre 81 et 96, actuellement à Castel Gandolfo,  sur le lieu même de la résidence d’été des papes, au bord du lac Albain. Le jardin du palais comporte les ruines de cette villa antique.

 

Ce petit bourg se distingue au XIIème siècle : la riche famille Gandolfi fait construire un château fort sur la hauteur du lac Albain et au XVIIème siècle, le pape Urbain III fait bâtir sur cet emplacement de 55 ha un palais papal qui devient la résidence d’été officielle de ses successeurs. Le domaine bénéficie du même statut d’extraterritorialité que le Vatican, c’est-à-dire que ce n’est pas le territoire d’Italie et qu’il appartient à l’État pontifical.

Benoît XIII y a séjourné au moment de son abdication en 2013, le temps qu’un nouveau pape soit élu à Rome.

Les médias ont beaucoup filmé les lieux en cette occasion.

 

 

 

LE FORUM ET LE MARCHÉ DE TRAJAN

 

 

 

 

 

L’ÉPOQUE

 

 

Trajan est empereur de 98 à 117 ap. J.C. et s’illustre par les dernières conquêtes de l’Empire Romain, en particulier la Dacie (une partie de la Roumanie actuelle) et par une politique de grands travaux pour redonner à Rome toute sa grandeur: il fait construire le Circus Maximus, des thermes de grande importance et surtout un nouveau forum impérial en aplanissant les contreforts du Quirinal, en face du Capitole et du forum républicain. Ces gigantesques travaux nécessitent de creuser la colline de 30 m et durent de 100 à 113. Ils sont menés par le grand architecte Apollodore de Damas.

 

 

LE FORUM

 

 

Il est composé de plusieurs éléments:

 

  • la place elle-même, recouverte de dalles en marbre d’une blancheur éblouissante, avec en son centre une statue équestre monumentale de Trajan en bronze doré dont il ne reste plus que la base (placée probablement après sa mort).

 

  • la basilique Ulpia, du nom de famille de Trajan: Ulpius; c’est un  bâtiment public et non religieux, servant de centre administratif et judiciaire, comprenant 5 nefs formant de longs portiques de promenade.

 

  • la colonne Trajane: haute de 30m, elle est érigée en 113 et célèbre la victoire de Trajan sur les Daces, le bas-relief se présentant comme une bande qui s’enroule en spirale autour de la colonne et représente les différentes étapes de la conquête comme une bande dessinée de 200m de long. La taille des panneaux et des figures grandit à mesure qu’ils s’éloignent de l’observateur vers le haut pour maintenir l’effet visuel. En haut de la colonne se trouvait à l’origine une autre statue de Trajan en bronze doré, remplacée par celle de Saint-Pierre en 1587 à l’initiative du pape Sixte Quint et que l’on voit toujours. Le piédestal de la colonne a conservé pendant longtemps une urne en or contenant les cendres de Trajan et de son épouse Plotina mais la chambre funéraire a été pillée au Moyen-Age. Au VIème siècle, le pape Grégoire Ier est ému par une des scènes de la colonne montrant Trajan venir en aide à une mère et à son enfant: il supplie Dieu d’épargner à Trajan les flammes de l’enfer et déclare sacré le terrain autour de la colonne, ce qui a permis au monument de traverser les siècles dans un parfait état de conservation.

 

  • les 2 bibliothèques: l’une réservée aux oeuvres grecques, l’autre aux oeuvres latines et aux archives personnelles de l’empereur.

 

 

 

LE MARCHÉ

 

Il forme un complexe de bâtiments sur plusieurs étages, avec de petits hémicycles de boutiques. Des rues le traversent, comme la Via Biberatica, la rue principale où l’on peut encore marcher, bordée de tavernes, les thermopolia, et de boutiques d’épices. On vend de tout dans ce marché qui abrite environ 150 magasins, entrepôts et salles de négoce, mais on a soigneusement séparé les produits manufacturés des aliments, notamment le poisson et la viande, vendus sur l’arrière du marché en raison des odeurs un peu trop fortes qui en émanent.

 

 

L’ensemble, forum et marché, a été pensé par Trajan et son architecte comme un lieu de vie comparable pour les achats à un grand mall américain et, pour la vie publique, à un quartier financier et culturel comme la Défense à Paris. Toute cette construction est à l’époque recouverte d’un marbre éclatant qui doit donner aux visiteurs l’impression d’un lieu grandiose et magnifique, à la gloire de Trajan qui a utilisé pour cela les richesses prises aux Daces.

 

Le forum de Trajan est considéré à l’époque comme une merveille du monde antique.

 

 

 

LE PANTHÉON

 

 

 

HISTOIRE

 

  • Situé sur l’ancien Champ de Mars, le Panthéon est construit en 27 av. J.C. par Marcus Agrippa, général puis gendre de l’empereur Auguste. Le monument est un temple en l’honneur de tous les dieux (du grec ancien pantheïôn, c’est-à-dire «de tous les dieux) mais en particulier Mars et Vénus, protecteurs de la gens Julia. Endommagé par un incendie en 80 ap. J.C., il est restauré par Domitien, puis reconstruit et réorienté vers le nord par Hadrien entre 117 et 138. Sous les empereurs Septime Sévère et son fils Caracalla, vers 215, il est une fois de plus restauré.

 

  • À partir du IVème siècle, il est fermé par les empereurs chrétiens en tant que lieu de culte païen. L’empereur d’Orient Constant II en visite à Rome en 356, prélève les tuiles de bronze doré pour  les utiliser sur les monuments de Constantinople.

 

  • En 410, il est saccagé par les Barbares et laissé à l’abandon.

 

  • En 608, il est offert par l’empereur de Byzance (ex-Constantinople) Phocas au pape Boniface IV qui en fait une église, Sainte-Marie-ad-Martyres.

 

  • En 735 le pape Grégoire III le recouvre de tuiles de plomb.

 

  • À la Renaissance, il est restauré mais le pape Urbain VII fait enlever les clous et les plaques de bronze qui revêtent les poutres, la toiture et le portique pour en faire le baldaquin de l’autel de la Basilique Saint-Pierre entre 1624 et 1635.

 

  • À partir du 17ème siècle, l’utilisation du bâtiment en église Notre-Dame-des-Martyrs l’a préservé des dégradations et c’est le temple antique le mieux conservé de Rome.

 

 

ARCHITECTURE

 

Quatre éléments de l’édifice sont à remarquer:

 

  • le pronaos ou entrée sous portique: à l’origine sur un podium accessible par 5 hautes marches, il est constitué d’une colonnade dont les 16 piliers sont des monolithes de granit gris d’Egypte de 12,5 m de haut et d’environ 70 tonnes chacun;

 

  • l’intérieur dont le mur du fond est en rotonde: cette rotonde forme la cella du temple antique où se trouvaient les statues des dieux, lieu toujours inaccessible au commun des mortels dans l’Antiquité. La forme arrondie et une épaisseur du mur de 7m permettent de soutenir la coupole. La décoration alterne les niches réservées aux statues, les colonnes  et les frises; le dallage du sol, restauré, est en marqueterie de pierres; à noter que le sol est convexe, surélevé de 30 cm pour évacuer l’eau de pluie tombant par l’orifice de la coupole;

 

  • la coupole: c’est la plus grande de tout le monde romain et elle n’a pas pu être égalée avant la construction à la Renaissance du dôme de la cathédrale de Florence; à l’intérieur, elle forme une sphère de 150 pieds romains, soit 43,30 de diamètre; l’enjeu de sa construction est qu’elle ne s’effondre pas sous son propre poids: elle est donc percée au sommet d’un trou que l’on appelle l’oculus, à partir duquel des caissons en stuc creusés dans l’épaisseur de la coupole permettent d’alléger l’ensemble; des anneaux de briques soutiennent la coupole à intervalles réguliers; on pense que les caissons étaient décorés d’éléments en bronze, peut-être des étoiles, pour figurer la voûte céleste. Différents systèmes de colonnes et arcs de décharge sont inclus dans la rotonde et un mur extérieur de 8 m d’épaisseur pour compenser la poussée de la coupole. Toutes les techniques d’architecture ont été perdues ensuite, et l’architecte du Duomo de Florence, Brunelleschi, est amené à étudier la coupole du Panthéon pour en retrouver les principes de constructon. 

 

  • L’inscription sur le fronton du  Panthéon: M. AGRIPPA L.F. COS. TERTIUM FECIT , c’est-à-dire: Marcus Agrippa Lucii Filius COnSul TERTIUM FECIT a pour sens: «Marcus Agrippa, fils de Lucius (Agrippa), consul pour la troisième fois, l’a fait» (le monument).

 

 

LA PLACE

 

  • À l’origine, un podium surélève le temple d’environ 1,50 m au-dessus du sol de la place mais les siècles ont peu à peu ajouté de l’épaisseur et le monument est de nos jours au même niveau que la place.

 

  • Au centre de celle-ci, se trouve une vaste fontaine, initialement sans décoration particulière jusqu’au 18ème siècle; en 1711, le pape Clément X fait installer au centre de la fontaine un obélisque trouvé au XVIème siècle dans le voisinage. En effet, un temple d’Isis était situé au IIème siècle à deux rues du Panthéon, orné d’un nombre impressionnant d’obélisques de diverses époques ramenés à Rome par les empereurs. On en a retrouvé pas moins de dix, brisés ou  intacts; celui du Panthéon est gravé d’hiéroglyphes contenant le cartouche de Ramsès II et a été taillé à Héliopolis comme celui de la place Saint-Pierre; c’est l’empereur Domitien qui l’a fait venir d’Égypte.

 

 

LA PLACE NAVONE

 

 

 

 

HISTOIRE

 

  • Située dans la boucle du Tibre, sur l’antique Champ de Mars, la place occupe l’emplacement de l’ancien cirque de l’empereur Domitien qui est au pouvoir de 81 à 96. Ce cirque peut accueillir 33 000 spectateurs et sert d’abord pour des jeux sportifs à la grecque (course à pied, pugilat, javelot, disque) dont le nom en grec ancien est agones; plus tard, des combats de gladiateurs s’y déroulent; dans le cirque, les Romains étaient donc in agone, c’est-à-dire au combat, ce qui s’est contracté en nagone, puis a évolué phonétiquement en navona.

 

  • Les cirques et arènes sont toujours entourés de boutiques, marchés d’esclaves et lupanars qui drainent une foule populaire, prête à s’amuser et à s’agiter. Très tôt, le quartier de la future place Navone est un lieu de fête et de rassemblement et non un quartier chic.

 

  • Le cirque tombe en ruines à partir du IVème siècle quand les jeux sont interdits par les empereurs chrétiens; l’empereur Constance II prélève le marbre qui décorait le monument; laissé à l’abandon, il sert en 1477 de place du marché jusqu’à la Renaissance et à l’époque baroque (17ème siècle) où le pape Innocent X commande les travaux de reconstruction au Bernin.

 

  • La place actuelle est construite au-dessus du cirque dont on peut voir l’entrée, aujourd’hui souterraine, en sortant de la place par le nord.

 

 

 

LA PLACE BAROQUE

 

  • Le Bernin dispose la plus grande fontaine au centre, représentant l’allégorie des  Quatre Fleuves autour d’un obélisque dressé sur une île réalisée en travertin (sorte de marbre): allégorie du Danube pour l’Europe, du Nil pour l’Afrique, du Gange pour l’Asie, du Rio de la Plata pour l’Amérique; aux deux extrémités de la place, se trouvent la fontaine de Neptune au nord, et la fontaine du Maure au sud; les travaux sont achevés en 1651.

 

  • Sur le flanc ouest de la place, l’église Sainte-Agnès-en-Agone (survivance de l’étymologie du nom Navona), présente une façade baroque imposante alignée sur les autres façades alors que le corps de l’église est relativement peu profond. Sainte Agnès est une jeune martyre chrétienne; en 304, âgée de 12 ans et d’une grande beauté, elle est courtisée par le fils d’un préfet de Rome qui veut l’épouser; elle le refuse en disant qu’elle est fiancée à Jésus-Christ; arrêtée, elle est dévêtue et emmenée nue à travers les rues de Rome pour être vendue comme prostituée dans un lupanar installé sous une arche du cirque de Domitien. Un miracle survient pour masquer sa nudité: sa chevelure se met soudain à pousser et enveloppe le corps de la jeune fille; dans le lupanar, un ange apparaît et l’entoure d’une lumière éblouissante; le fils du préfet, alerté, s’y rend aussitôt et meurt étranglé par des démons convoqués par l’ange; le préfet, fou de colère, condamne Agnès au bûcher mais le feu l’épargne et brûle les soldats; elle meurt finalement égorgée; après son martyre, la chevelure est coupée et soigneusement conservée comme relique; une petite chapelle est construite à l’emplacement du lupanar dès le 8ème siècle et demeure aujourd’hui visible dans les souterrains de la place.

 

  • À l’extrémité sud se dresse le plus grand bâtiment de la place, le palais Pamphili qui appartenait à la famille du pape Innocent X (Giovanni Battista Pamphili), à l’origine de l’embellissement du quartier, et qui voulut fêter les 10 ans de son pontificat par l’agrandissement de la demeure familiale. C’est aujourd’hui l’ambassade du Brésil.

 

 

DE NOS JOURS

 

La place est interdite à la circulation ce qui en fait un lieu propice à la promenade et aux distractions: restaurants, glaciers, petits marchands de souvenirs et de tableaux, caricaturistes, musiciens, artistes de rue, attirent une foule permanente. La taille de cet espace presque fermé, de 240 m de long sur 65 m de large, donne une impression de scène de la vie publique où ont toujours lieu les rassemblements en tout genre. On peut rester un bon moment sur la place Navone pour profiter de l’animation.

 

 

 

CHÂTEAU SAINT-ANGE

 

 

 

AUX ORIGINES

 

Nommé Hadrianeum, cet édifice est mis en chantier en 135 ap.J.C. par l’empereur Hadrien lui-même, pour être son monument funéraire et celui de toute sa descendance. Il est achevé en 139, un an après sa mort.

 

Situé sur la rive droite du Tibre à la hauteur du Champ de Mars (boucle du Tibre), il est prévu pour être le pendant du Mausolée d’Auguste, vaste monument circulaire sur la rive gauche du fleuve. Pour relier les deux monuments, Hadreien fait bâtir un nouveau pont : le Pons Aelius, qui est devenu le pont Saint-Ange et dont les Trois arches du milieu sont d’origine.

 

Bâtie en travertin (sorte de marbre) sur une base carrée de 84 m de côté, la rotonde massive de 20 m de haut est surmontée d’un tumulus d’inspiration étrusque, orné d’une statue d’Hadrien en dieu soleil conduisant un char à 4 chevaux. L’atrium situé au niveau du sol antique, en sous-sol de nos jours, était décoré d’une statue colossale d’Hadrien.

 

L’édifice reçoit les cendres des empereurs suivants jusqu’à Caracalla en 217. En 270, l’empereur Aurélien l’intègre à son mur d’enceinte de Rome et l’Hadrianum prend alors une fonction défensive de forteresse avec l’ajout de bastions carrés donnant sur le Tibre en 271.

 

À partir de 403, le tombeau d’Hadrien prend définitivement un rôle militaire.

 

En 537, quand le Goth Vitigès attaque Rome, les soldats qui défendent la forteresse  lancent comme projectiles les statues qui décoraient les salles depuis des siècles.

 

En 547, le Goth Totila inclut tout l’édifice dans une structure fortifiée pour défendre toute la rive droite du Tibre.

 

 

 

 

APRES LES INVASIONS BARBARES

 

En 590, lors d’une épidémie de peste, le tombeau est rebaptisé Château Saint-Ange à la suite d’une apparition durant une procession : le Pape Grégoire Ier voit l’archange Saint-Michel au sommet du bâtiment, remettant son épée au fourreau, ce qui est interprété comme le signe de la fin de la peste. On place alors une statue ailée de Saint-Michel, suivant ainsi la tradition antique consistant à orner les monuments du forum de victoires ailées.

 

Au IXème siècle le château sert de prison où meurent pas moins de quatre papes.

 

Du IXème au XVIème siècle, le château devient la propriété de diverses grandes familles dont sont issus les papes et sert de refuge et de citadelle en cas d’attaque. Celles-ci sont nombreuses et l’édifice est à un moment démantelé par la foule des opposants au pape. Des restaurations successives en font un palais de la Renaissance en même temps qu’une prison. Un mur surmonté d’un couloir le relie au Vatican pour permettre aux papes de s’enfuir en cas d’attaque du Vatican.

 

Du XVIIème au XIXème siècle, il reste un lieu de défense dont l’artillerie est constituée à partir des plaques de bronze prélevées sur le toit du Panthéon.

 

En 1871, l’armée de la nouvelle République italienne prend possession du lieu en l’arrachant aux troupes du pape.

 

Au début du XXème siècle, le château est restauré et devient un musée exposant peintures et armes anciennes.

 

 

 

LA BASILIQUE SAINT-PIERRE

 

 

 

 

HISTOIRE

 

  • Vers 40 ap. J.C., l’empereur Caligula entreprend de faire construire un cirque pour les courses de chars sur la propriété qu’il a héritée de sa mère Agrippine l’Aînée, l’ager Vaticanus, situé de l’autre côté du Tibre, dans la plaine vaticane; le cirque en tire son nom antique de Circus Vaticanus, orienté est-ouest. La construction en est achevée par Néron, si bien qu’on l’appelle désormais le cirque de Caligula et de Néron.

 

  • À partir de 64-65, à la suite du grand incendie de Rome, les Chrétiens, considérés comme une secte de fanatiques hostiles à l’empereur et boucs-émissaires tout trouvés pour expliquer l’origine de l’incendie, connaissent les premières vagues de condamnations à mort. En 67, l’apôtre Pierre se fait crucifier comme c’était la norme pour ceux qui refusaient le culte de l’empereur divinisé. La tradition rapporte que sa croix est installée entre les deux bornes de la spina, plate-forme centrale du cirque, décorée de statues et d’obélisques. Pierre serait mort au pied de l’obélisque qui est actuellement place Saint-Pierre (installé plus tard).

 

  • Pierre est ensuite enseveli à proximité immédiate, dans une nécropole située au pied du Mont Vatican, le long de la Via Cornelia. Au 4ème siècle, en 324, l’empereur Constantin converti au christianisme fait construire sur la tombe une première basilique, en utilisant les matériaux du cirque qui a été laissé en ruines depuis que l’empereur Vespasien l’a fermé. Au 15ème siècle, la basilique de Constantin est complètement délabrée. Les papes, engagés dans une politique de grande rénovation de Rome pour lutter contre la concurrence des Protestants, décident de la raser et d’en construire une nouvelle, l’actuelle basilique Saint-Pierre.

 

  • La basilique et la place Saint-Pierre sont donc à l’emplacement précis du Circus Vaticanus et de la nécropole où Pierre avait sa sépulture.

 

 

LES TRAVAUX

 

  • À partir de 1452, et pendant une cinquantaine d’années, les papes successifs envisagent une nouvelle basilique puis se contentent de consolider l’ancienne. C’est en 1503 que le pape Jules II reprend l’idée d’une nouvelle construction. Plusieurs architectes se succèdent pendant une trentaine d’années jusqu’à ce que le pape Paul III engage Michel-Ange en 1547 pour revenir aux premiers plans. Michel-Ange meurt en 1564 alors que la moitié de la basilique est construite (l’abside et les deux bras transversaux). Il faut attendre 1614 pour que la façade soit achevée et 1626 pour que la basilique soit inaugurée.

 

  • Quelques chiffres: la basilique est longue de 187 m, la façade est large de 115 m, haute de 45 m, la coupole s’élève à 136 m. Elle est décorée de 450 statues, 500 colonnes, contient 50 autels et peut accueillir jusqu’à 60 000 personnes.

 

  • La place: en 1585, l’obélisque est installé. À l’origine placé par Caligula en 37 sur la spina du cirque, correspondant au flanc gauche de la basilique actuelle, il est déplacé, ce qui nécessite 4 mois de travaux, 800 hommes, 75 chevaux et 47 treuils pour un monument de 25,5 m de hauteur et 350 tonnes.

 

  • L’architecture de la place est confiée au Bernin qui la réalise de 1656 à 1667. Dans l’esprit baroque, il prévoit que la basilique demeure cachée le plus longtemps possible aux pèlerins arrivant depuis le Tibre, enveloppée par sa double colonnade représentant les bras de Saint Pierre. La place mesure 196 m dans sa plus grande largeur.

 

  • À voir dans la basilique: au milieu devant l’entrée: le disque de porphyre intégré au pavement, sur lequel Charlemagne agenouillé s’est fait couronner empereur d’Occident; à droite : la Pietà de Michel-Ange, seule oeuvre qu’il ait signée (une pietà figure le Christ dans les bras de sa mère Marie à la descente de la croix); toujours à l’entrée: les bénitiers géants; sur la droite de la nef: la statue en bronze de Saint-Pierre dont les visiteurs caressent le pied; l’autel au baldaquin de bronze, accessible seulement au pape et sur son autorisation, à certains cardinaux; le vitrail du Saint-Esprit, au fond de l’abside, représentant une colombe aux ailes déployées; la coupole décorée de mosaïques représentant des angelots; la frise sur laquelle sont inscrites les paroles de Jésus à Pierre, en grec et en latin.

 

 

 

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© Anne-Laure Christophe